samedi 4 avril 2026

 

Présentation de la nouvelle voiture chez Dimab à Rossens. (Photo Dimab)

Karen Gaillard disputera la Porsche Carrera Cup italienne

Par Laurent Missbauer

La Fribourgeoise Karen Gaillard restera fidèle à Porsche cette année. Après une première saison, l’année passée, en Carrera Cup en France, elle disputera, à partir du 25 avril, à la Carrera Cup italienne qui comportera 12 courses réparties sur six week-ends. Quel sera l’objectif en 2026 de la talentueuse pilote de Pont-la-Ville? Progresser et essayer de se faire remarquer afin d’embrasser une carrière professionnelle.

Karen Gaillard et Alain Menu (Photo Missbauer)


C’est devant plus de 150 invités, dont l’ancien pilote professionnel genevois Alain Menu (62 ans), que Karen Gaillard (24 ans) a présenté le 24 mars, au garage Dimab de Rossens, le programme de sa saison 2026. Une saison où elle pilotera à nouveau une Porsche, marque avec laquelle elle s’est particulièrement mise en évidence au cours de ces 16 derniers mois. Et cela en battant à plusieurs reprises ses homologues masculins. Un véritable exploit pour une pilote du sexe prétendument faible!

Le premier exploit a eu lieu le 11 novembre 2024 avec sa victoire à la sélection Junior de la Porsche Carrera Cup France. En concurrence pendant trois jours, sur le circuit du Castellet, à sept autres pilotes junior, dont le fribourgeois Jérémy Siffert*, Karen Gaillard s’est particulièrement mise en évidence. Elle a ainsi remporté le titre de Junior Porsche Carrera Cup France – c’était la première fois qu’une femme était sacrée lauréate d’une pareille sélection – ainsi qu’une bourse de 40'000 euros qui lui a permis de financer une partie de sa saison complète au sein de la Carrera Cup France.

Karen Gaillard (Photo Missbauer)


Et comme une bonne nouvelle arrive rarement seule, Karen Gaillard était également invitée à disputer, les 25 et 26 janvier 2024, au volant d’une Porsche 911 GT3 R, les prestigieuses 24 Heures de Daytona, l’équivalent américain des 24 Heures du Mans! Incorporée à cette occasion à l’équipe 100% féminine composée de la Danoise Michelle Gatting, de la Suissesse Rahel Frey et de la Belge Sarah Bovy que les téléspectateurs connaissent bien pour ses essais dans l’émission Auto-Moto, Karen Gaillard s’est à nouveau illustrée.

Karen Gaillard à Daytona. (Photo Porsche AG)

Alors qu’elle ne connaissait ni la voiture, ni le circuit, la pilote fribourgeoise a rapidement fait jeu égal avec ses prestigieuses coéquipières. On en veut pour preuve ses chronos en course. Son meilleur temps, en 1’48’’581, était en effet plus rapide que ceux de Rahel Frey (1’48’’660) et de Sarah Bovy (1’48’’814). Seule la cheffe de file Michelle Gatting (1’47’’987) s’était avérée encore plus rapide au sein de cet équipage féminin qui a terminé au 8e rang de sa catégorie et à la 33e place du classement général. «C’était vraiment une expérience formidable», nous a raconté Karen Gaillard. «J’ai pu constater à cette occasion que j’avais effectué un grand pas en direction du professionnalisme auquel j’aspire.»

Karen Gaillard à Daytona. (Photo Porsche AG)


A cette occasion, elle a en effet pu côtoyer, lors du briefing d’avant-course,  les anciens pilotes de F1 Felipa Massa, Kevin Magnussen, Romain Grosjean, ainsi que l’ancien pilote de Sauber en F1, Felipe Nasr, qui a remporté les 24 Heures du Mans au volant d’une Porsche 963. Pour la petite histoire, on relèvera que Karen Gaillard était la troisième pilote fribourgeoise à disputer les 24 Heures de Daytona après Jo Siffert (Porsche 917) et Paul Blancpain (Porsche 908/03). Jo Siffert avait même réussi à s’imposer aux 24 Heures de Daytona en 1968 au volant d’une Porsche 907 d’usine!

Jo Siffert (Photo Porsche AG)

Karen Gaillard est elle aussi montée sur la plus haute marche du podium en 2025. La pilote fribourgeoise s’est en effet imposée lors de la course de la Carrera Cup Suisse disputée sur le Red Bull Ring. Dans la Carrera Cup France, où la concurrence est beaucoup plus relevée qu’en Suisse, la pilote de Pont-la-Ville a dû se contenter de deux podiums dans le classement réservé aux rookies avec une 2e et une 3e places.

Karen Gaillard (Photo Dimab)

La soif de progresser de Karen Gaillard l’a ainsi incitée à quitter la France pour l’Italie: «La concurrence, au sein de la Porsche Carrera Cup italienne, est également très relevée, mais j’aurais l’opportunité de découvrir de nouveaux circuits, à commencer par celui d’Imola qui accueillera les deux premières courses de la saison, les 25 et 26 avril, et qui figure également au calendrier du WEC, le championnat du monde d’endurance dont les 24 Heures du Mans constituent le point culminant de la saison.» Un championnat du monde qu’elle espère bien intégrer à l’avenir.

Karen Gaillard (Photo Missbauer)

En attendant, Karen Gaillard bénéficiera, lors de ses deux premières courses en Italie, des conseils avisés d’Alain Menu. Le pilote genevois, présent le 24 mars à Rossens, n’a pas tari d’éloges sur la jeune pilote fribourgeoise devant les 150 invités du garage Dimab. Et ces éloges tombent de la bouche d’un des pilotes professionnels les plus titrés de Suisse. Au cours de sa longue carrière de plus de 30 ans, Alain Menu a en effet été vice-champion du monde en voitures de tourisme en 2012 sur Chevrolet, ainsi que vainqueur du très relevé championnat de Grande-Bretagne de voitures de tourisme, aussi bien en 1997, au volant d’une Renault Laguna, qu’en 2000, au volant d’une Ford Mondeo.

Karen Gaillard (Photo Missbauer)

 
Alain Menu a même participé en 2004 à deux épreuves de la Carrera Cup de Grande-Bretagne où il s’était illustré en remportant deux victoires tout en ayant signé deux pole-positions et deux records du tour en course! Puisse Karen Gaillard marcher sur les traces de son prestigieux aîné. C’est en tout cas ce que lui a souhaité le pilote genevois, sans cependant lui mettre de pression. Alain Menu n’est en effet devenu professionnel qu’à 28 ans. A 24 ans – elle est née le 29 juin 2001 – , Karen Gaillard a encore tout l’avenir devant elle et, surtout, le soutien indéfectible des garages Dimab, ainsi que de toute une série de sponsors du canton de Fribourg.

Le calendrier de la saison 2026 de Karen Gaillard dans la Porsche Carrera Cup italienne:



 





* Outre Jérémy Siffert (photo ci-dessous), issue de la Spring Cup by Funyo, Karen Gaillard avait dû affronter les six pilotes suivants: Mathys Cappuccio (Finaliste FEED Racing), Paul Jouffreau (EuroNascar Pro), Joran Leneutre (Lamborghini Super Trofeo Europe), Arthur Rogeon (GB3), Charles Roussanne (Alpine Elf Cup Series) et Matteo Spirgel (Championnat d’Europe FIA KZ2)












On relèvera encore que Karen Gaillard (photo ci-dessous lors de la sélection pour le titre de Junior Porsche Carrera Cup France) avait été lauréate en 2019 de l’Autoscout Young Driver Challenge parmi 1500 pilotes. En 2022, elle s’était plusieurs fois distinguée en France, dans le championnat Mitjet qu’elle avait terminé à une très honorable 18e place sur un total de 58 concurrents. Lors de la course de Barcelone, elle s’était notamment illustrée en terminant 6e devant l’ancien pilote de F1 Olivier Panis!




 Au volant de la nouvelle Honda Prelude e:HEV

Par Laurent Missbauer

Afin de fêter dignement le 25e anniversaire de sa première voiture hybride et les 60 ans de sa première victoire en F1, au Grand Prix du Mexique en 1965, Honda a présenté l’automne dernier la sixième génération de son coupé Prelude. Les promesses de Honda, qui annonce que la nouvelle Prelude e:HEV est à la fois synonyme de sportivité et de sobriété, sont-elles tenues? Nous allons le découvrir ci-dessous.

Avant toute chose, on relèvera que c’est avec un réel plaisir que les passionnés d’automobiles ont accueilli l’année passée la présentation de la nouvelle Honda Prelude. De nos jours, les constructeurs ont en effet davantage tendance à lancer des SUV plutôt que des coupés sportifs. La Prelude, que nous avons essayée sur le parcours Genève–St-Cergue et retour, a avant tout répondu à un cahier des charges «qui privilégie le plaisir de conduire», nous a expliqué Fabien Neyrand, le directeur du marketing et des relations publiques de Honda Suisse.



Ce «plaisir de conduire» passe notamment par le système «S+ Shift» de Honda. Pour le vérifier, il suffit d’appuyer sur un bouton ad hoc sur la console médiane. Une fois le mode «Sport» activé – un des quatre modes proposés en plus de «Confort», «GT» et «Individual» – et le bouton S+ actionné, la nouvelle Prelude se métamorphose comme par enchantement: le paisible coupé, qui nous a permis de relier en silence Genève à Nyon par l’autoroute, s’est alors transformé en un coupé «très énervé» entre Trélex et St-Cergue, sur le tracé qui avait accueilli en 1901, il y a donc exactement 125 ans, la toute première course de côte organisée en Suisse!

Le système «S+ Shift» est en quelque sorte un magicien! Il permet de reproduire le changement de huit rapports en actionnant les palettes derrière le volant. Et le tout est accompagné d’un son, lui aussi reproduit artificiellement. Si le son ne nous a pas convaincus (il s’agit de la simulation d’un quatre cylindres qui n’est pas particulièrement mélodieux et, quitte à jouer la carte de la simulation, nous aurions préféré la reproduction de la symphonie du fabuleux six cylindres de la Honda NSX que nous avions essayée en 2017), le passage des différents rapports s’est avéré ludique et nous a permis de goûter à ce que les ingénieurs de Honda qualifient d’une «expérience de conduite proche de celle qu’on aurait avec une boîte mécanique».



Dotée d’une batterie au lithium-ion, de deux moteurs électriques compacts et du moteur à essence à injection directe de 2 litres de la Civic e:HEV Sport, qui est toutefois associé ici au système «S+ Shift», la Prelude se montre efficace et réactive. La direction s’avère très précise et la tenue de route ne prête le flanc à aucune critique. Cela est notamment dû au fait que la nouvelle Prelude a hérité de plusieurs composants, à commencer par les amortisseurs adaptatifs, de la Civic Type R qui nous avait enthousiasmés en2022.

Si le son simulé nous avait laissés un peu sur notre faim, il en va bien différemment pour les lignes de la nouvelle Prelude. Honda explique que ses designers se sont inspirés de «la grâce et de la simplicité des planeurs modernes» afin de doter la Prelude de sixième génération de «surfaces épurées» et d’une «silhouette élégante». L’exercice de style, à notre avis, est réussi avec brio.



A l’avant, le nez bas et effilé de la Prelude souligne son allure sportive qui est notamment renforcée par des feux LED étirés et une fine calandre noire. A l’arrière du coupé, la barre lumineuse, qui s’étire sur toute la largeur, évoque celle des Porsche. Elle surmonte d’ailleurs les cinq lettres Honda placées d’une façon similaire à celle des sept lettres de Porsche. Les feux arrière de la quatrième génération de la Honda Prelude (1992-1996) étaient eux aussi inspirés d’un véhicule européen, en l’occurrence de la première génération de la Jaguar XJS coupé produite dès 1975!



Vue de profil, la Prelude dévoile des flancs sculptés qui comportent, derrière les roues antérieures, des ouïes d’aération lesquelles optimisent les flux d’air. Les qualités aérodynamiques de la Prelude ne sont pas étrangères aux faibles valeurs de consommation annoncées par Honda, à savoir 5,2 l/100 km. La consommation moyenne affichée au tableau de bord lors de notre essai de 90 minutes s’est toutefois élevée à 6,6 l/100 km. Un prochain essai de moins courte durée que celui de cette première prise de contact devrait nous permettre d’en savoir davantage sur sa consommation réelle.

Sachez encore que la Honda Prelude est proposée à partir de 47’900 francs et qu’une seule option est proposée: le gris météore métallisé facturé 990 francs. Les trois autres couleurs disponibles sont le blanc clair de lune, le noir cristal et le bleu racing de notre voiture d’essai. On retrouve ce bleu racing sur les étriers des freins arborant les logos Prelude et Brembo que l’on aperçoit à travers des jantes en alliage de 19 pouces.



Malgré sa silhouette relativement étirée, la nouvelle Prelude offre quatre places. Les deux à l’arrière ne conviennent cependant qu’à des enfants ou à des personnes de petite taille. La polyvalence de cette sixième génération de Prelude est renforcée par un hayon arrière à grande ouverture qui facilite le chargement et le déchargement des bagages. Une fois les sièges rabattus, le coffre permet de ranger une grande variété d’objets, par exemple deux sacs de golf et même un ensemble de quatre roues pour ceux qui souhaiteraient aller rouler en circuit et équiper leur Prelude de pneus slicks! Ils auront alors tout loisir de vérifier non seulement si le 0 à 100 km/h est bien réalisé en 8,2 secondes – un chrono qui n’est cependant guère exceptionnel de nos jours – mais également si le couple de 315 Nm offre de vigoureuses reprises à ce coupé qui pèse 1480 kg, soit une cinquantaine de kilos de moins que la Civic e:HEV Sport!

En conclusion
L’arrivée ce printemps de la nouvelle Prelude e:HEV chez les agents Honda ravira les nostalgiques des coupés de la marque japonaise, dont notamment les CRZ, CRX et autres Prelude des précédentes générations. Son prix de 47’900 francs, relativement élevé pour une voiture de 184 ch, devrait cependant limiter sa diffusion. Les responsables de Honda Suisse comptent en effet en vendre seulement une dizaine d’exemplaires par mois.

Merci à Honda Suisse pour cette invitation à essayer la nouvelle Honda Prelude dans le cadre du salon «autoXpérience» à Genève.



dimanche 20 septembre 2020

Victorieux pour la 3e année consécutive aux 24 Heures du Mans, Sébastien Buemi entre dans la légende du sport automobile

 

24 Heures du Mans

Victorieux pour la 3e année consécutive,
Sébastien Buemi entre dans la légende

Sébastien Buemi, victorieux pour la 3e fois. (Photo Toyota)

Le Mans, 20 septembre 2020 (Laurent Missbauer) - En s’imposant pour la troisième fois consécutive aux 24 Heures du Mans, une des courses les plus célèbres au monde avec les 500 Miles d’Indianapolis et le Grand Prix de Monaco de F1, Sébastien Buemi (Toyota TS050 Hybrid) est entré dans la légende du sport automobile. Remporter une telle épreuve à trois reprises consécutives est en effet un exploit qui n’a été réussi que par dix pilotes dont les légendes vivantes que sont Henri Pescarolo, Jacky Ickx et Tom Kristensen, vainqueurs respectivement à quatre, six et, record absolu, neuf reprises.

Sébastien Buemi avec son grand-père
Georges Gachnang (Photo Laurent Missbauer)




1960: Georges Gachnang participe aux 24 Heures du Mans au volant
d’une AC Bristol. Soixante ans plus tard, son petit-fils Sébastien Buemi monte sur la plus haute marche du podium des 24 Heures du Mans pour la troisième fois consécutive de sa carrière. Sébastien est en effet le fils de Véronique Buemi-Gachnang et d’Antoine Buemi qui doivent être ces jours-ci les parents les plus heureux du monde!

Les parents Véronique et Antoine Buemi (Photo Laurent Missbauer)

Une victoire absolue aux 24 Heures du Mans, une des épreuves les plus dures qui soit car elle se dispute sur une distance supérieure à celle de 17 grands prix de F1, est en effet un rêve que beaucoup de pilotes n’ont jamais pu concrétiser. Cela même s’ils ont gagné pratiquement toutes le courses d’endurance qu’il était possible de remporter. On pense ici à Jo Siffert et à Bob Wollek, qui ont respectivement participé à sept et à 30 (!) reprises à la grande classique mancelle sans jamais s’y imposer!




Sébastien Buemi (31 ans) compte lui neuf participations aux 24 Heures du Mans et il en a remporté aujourd’hui trois éditions. Si la victoire de cette année n’a pas été la plus indécise qui soit car la Toyota TS050 Hybrid – dont il a partagé le volant avec le Japonais Kazuki Nakajima et le Néo-Zélandais Brendon Hartley – s’est imposée avec cinq tours d’avance sur la Rebellion de l’écurie suisse du même nom, elle a été la première que le pilote vaudois a remportée avec Brendon Hartley. Ce dernier, ancien pilote de F1, tout comme Kazuki Nakajima et Sébastien Buemi d’ailleurs, a en effet remplacé cette année le double-champion du monde de F1 Fernando Alonso chez Toyota numéro.







Brendon Hartley, âgé lui aussi de 31 ans, fait partie des coéquipiers dont le pilote vaudois est le plus proche. Le pilote néo-zélandais était d’ailleurs présent au mariage de Sébastien Buemi avec Jennifer Mack à Montreux et il n’a lui aussi pas connu la réussite escomptée en F1. Tout d’abord en tant que pilote d’essai chez Mercedes, où il a côtoyé Michael Schumacher et Nico Rosberg, puis en tant que pilote officiel chez Toro Rosso, l’écurie pour laquelle il a disputé 25 grands prix de F1, en 2017 et en 2018. Sébastien Buemi a disputé pour sa part 55 grands prix de F1 de 2009 à 2011, lui aussi chez Toro Rosso, avec, comme faits marquants, deux 7e places, dont l’une lors de son tout premier grand prix (!) sur les talons, excusez du peu de Fernando Alonso et Nico Rosberg!




Enfin, tout comme Sébastien Buemi, Brendon Hartley a fait partie de la filière Red Bull. Il a terminé sa carrière en F1 en tant que pilote de développement chez Ferrari en 2019 avant de signer chez Toyota. Louis Delétraz (23 ans) a lui aussi été dans le giron de la célèbre Scuderia en tant que membre en 2018 de la Ferrari Driver Academy. Pour ses débuts aux 24 Heures du Mans, au volant de la seconde Rebellion, en compagnie des Français Romain Dumas et Nathanaël Berthon, le pilote genevois, un des principaux animateurs du championnat de F2, a fait mieux que se défendre.


Longtemps pointé à la deuxième place du classement général, juste derrière la Toyota TS050 Hybrid de Sébastien Buemi, Louis Delétraz a finalement terminé au 4e rang du classement général, à seulement 39 secondes de la seconde Toyota TS050, celle confiée à Pechito Lopez, Kamui Kobayashi et Mike Conway. Avec ce 4e rang, il a fait mieux que son père Jean-Denis Delétraz qui compte dix participations aux 24 Heures du Mans et qui avait lui aussi brillé pour sa première participation dans la grande classique mancelle en y terminant à la 5e place sur la McLaren F1 GTR dont il partageait le volant en 1995 avec les Français Olivier Grouillard et Fabien Giroix.


Outre Louis Delétraz, deux autres pilotes genevois ont effectué à cette occasion leurs débuts aux 24 Heures du Mans. Il s’agit d’Antonin Borga et d’Alexandre Coigny. Associés au Franco-Suisse Nicolas Lapierre, ils ont terminé 11e au classement général et 7e de la catégorie LMP2 avec l’Oreca-Gibson de l’écurie Cool Racing. Celle-ci courait, tout comme les Rebellion, avec une licence helvétique. Enfin, quatre autres Suisses ont eu la satisfaction de franchir la ligne d’arrivée: Simon Trummer (Oreca-Gibson, 12e au général et 8e en LMP2), Rahel Frey (Ferrari 488 Evo, 34e et 9e en GTE-Am), Lucas Légeret (Porsche 911 RSR, 36e et 10e en GTE-Am) ainsi que Thomas Flohr (Ferrari 488 Evo, 39e et 13e en GTE-Am). Jonathan Hirschi et Christoph Ulrich ont en revanche dû abandonner, cela après respectivement couvert 100 et 80 tours de course. La Toyota TS050 Hybrid de Sébastien Buemi en a couvert 387 et la Rebellion, qui a terminé 2e avec Norman Nato, Gustavo Menezes et Bruno Senna, ci-dessous de gauche à droite, en a bouclé 382. Laurent Missbauer









lundi 13 novembre 2017

PREMIÈRE DU FILM «THE ROAD PASSION»




Capture d'écran du film "The Road Passion" de Julien Junker et Michael Perrottet
Le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il y avait foule dimanche 12 novembre au cinéma Rex de Vevey. C’est en effet à guichets fermés et en présence de 300 personnes que le film «The Road Passion» a été diffusé pour la première fois au cinéma. Conçu par Julien Junker et Michael Perrottet, qui se définissent eux-mêmes comme carrossiers-vidéastes, ce film de 90 minutes a été entièrement réalisé par une équipe d’autodidactes passionnés d’automobile.

Texte: Laurent Missbauer
Photos: Anne Dayer, Laurent Missbauer et The Road Passion


La Nissan Skyline devant le Cinéma Rex. (Photo Anne Dayer)
Ah Vevey et son célèbre cinéma Rex... Pour de nombreux de cinéphiles veveysans, ce cinéma est étroitement lié à l’un des hôtes les plus illustres de la région, à savoir Charlie Chaplin. L’interprète de Charlot s’y faisait déposer par son chauffeur qui immobilisait sa Bentley juste devant le cinéma. En ce 12 novembre, il n’y avait cependant aucune Bentley à l’horizon mais deux voitures japonaises particulièrement rare, une Nissan Skyline d’il y a plus de 40 ans et une Lexus LFA, un coupé développant plus de 500 ch. Ces deux voitures sont deux des protagonistes du film «The Road Passion» tourné par Julien Junker et Michael Perrottet qui, selon leurs propres termes, «ont abattu un travail de titans» au cours de ces quatre dernières années. 


La Lexus LFA devant le Cinéma Rex. (Photo Laurent Missbauer)
 «Mettre en boîte une vidéo de 10 minutes constitue déjà quelque chose de particulièrement complexe et nécessite beaucoup d’heures de travail, imaginez-vous alors la somme de travail que toute notre équipe a dû effectuer pour la réalisation d’un long métrage d’une heure et demie au format DCP pour les projecteurs des salles de cinéma», a expliqué à Sport-Auto.ch Julien Junker.
Julien Junker à la sortie du film.
(Photo Laurent Missbauer)


«Nous ne sommes pas peu fiers d’avoir mené à terme ce film qui a nécessité plus de quatre ans de travail. Le film devrait être diffusé au cinéma à partir du mois de février et une version DVD sortira à la fin de l’année 2018», a ajouté Julien Junker.  Michael Perrottet, pour sa part, ne cachait pas son émotion au terme de la diffusion du film et des applaudissements nourris des 300 spectateurs: «J’ai versé de nombreuses larmes. Notamment en repensant à tout le travail abattu pour les simples amateurs que nous sommes. C’est grâce à la formidable passion qui a animé toute notre équipe que ce film a pu voir le jour.»


Julien Junker filmant une des Porsche de Gilles Lattion
en Haute-Savoie. (Photo The Road Passion)
Les différents protagonistes du film étaient également présents lors de cette avant-première. C’était notamment le cas de Gilles Lattion, spécialiste Porsche de Collombey, qui a découvert sur grand écran les images tournées par Julien Junker et Michael Perrottet. Notamment celles du col du Corbier, en Haute-Savoie. «Les différentes séquences filmées depuis un drone sont vraiment très belles et je tire un grand coup de chapeau à Julien et à Michael. Il faut en effet savoir que les 20 minutes diffusées dans le film ont nécessité plus de quatre jours de tournage», a précisé Gilles Lattion.

Arnaud Emery en plein action, capture d'écran du film
"The Road Movie" de Julien Junker et Michael Perrottet.
Mêmes louanges du côté du pilote valaisan Arnaud Emery. Dans le film, il évoque sa passion du drift et emmène les spectateurs jusqu’au Japon, pays où il est allé se perfectionner aux côtés des meilleurs spécialistes de la discipline. «J’ai revu avec beaucoup de plaisir des séquences que j’avais déjà quelque peu oubliées», a expliqué Arnaud Emery. «Il est vrai que certaines d’entre elles dataient de plus de deux. Je tiens ainsi à féliciter Julien et Michael d’avoir réussi à porter à terme leur film.»


L'affiche du film.
Et que vaut ce film? Nous répondrons que certaines images sont vraiment très belles. Il suffit d’ailleurs de visionner la bande de lancement sur Youtube – https://www.youtube.com/watch?v=eWt_tie5vO4 – pour s’en convaincre. Elle y totalise déjà plus de 11'000 vues, ce qui devrait s’avérer prometteur pour son avenir commercial. Et il sera certainement davantage prometteur sur DVD qu’au cinéma.

Dans les salles obscures, ce film devra composer avec les deux réserves suivantes: des passages qui tirent un peu trop en longueur et un sujet relativement pointu, à savoir des passionnés de voitures qui intéresseront avant tout des spectateurs qui partagent leur passion. Mais ne dit-on pas que les personnes animées par une passion sont elles-mêmes passionnantes? Poser la question, c'est déjà y répondre! (Laurent Missbauer, journaliste)
Shanti Gaudin, un des protagonistes du film, ici acoudé au muret qui borde le circuit de Bresse à un peu plus d'une heure
de Genève. (Photo extraite du film "The Road Passion" de Julien Junker et Michael Perrottet)
Julien Junker, carrossier-vidéaste, en plein tournage. (Photo "The Road Passion")



Deux billets pour l'avant-première du film "The Road Passion" au Cinéma Rex de Vevey, certainement deux
futurs collectors! (Photo Anne Dayer)
Arnaud Emery, en démonstration aux Casernes de Sion lors du récent Rallye international du Valais.
(Photo Laurent Missbauer)